L’œuvre du mois

Georges Lacombe, Vorhor, vague grise, 1892.

Georges Lacombe, Vorhor, vague grise, 1892, peinture à l’œuf sur toile, collection musée des beaux-arts de Brest métropole.
Georges Lacombe, Vorhor, vague grise, 1892, peinture à l’œuf sur toile, collection musée des beaux-arts de Brest métropole.

Dans cette œuvre dont la composition est inspirée d’une toile de Gauguin, Marine avec vache au-dessus du gouffre, peinte au Pouldu en 1888, Georges Lacombe donne au gouffre de Vorhor, à Camaret, une vision inédite. L’influence des estampes japonaises est nettement marquée : vue en contre-plongée, mise en page verticale et horizon monté au plus haut. Comme découpées, les formes sont cloisonnées et juxtaposées les unes aux autres. Choisies de manière arbitraire, les couleurs pures sont appliquées en aplat avec une peinture à l’œuf, leur donnant un rendu mat. Tels des écrans entre le spectateur et la mer, les falaises évoquent des silhouettes énigmatiques ou des profils humains. Une large place est accordée à la mer, animée d’une vague aux motifs décoratifs.

Fervent observateur de la nature, Lacombe en donne une interprétation décorative, s’attachant particulièrement à la région de Camaret, qu’il a découverte en 1888 et où il reviendra jusqu’en 1897 pour rejoindre la colonie artistique de Camaret, formée de peintres comme Richon-Brunet ou d’écrivains comme Saint-Pol-Roux.