L'oeuvre du mois

Ivan Konstantinovich Aïvazovski, Constantinople, la Mosquée Top-Kahné

Ivan Konstantinovich Aïvazovski, Constantinople, la Mosquée Top-Kahné, 1884, huile sur toile, dépôt du Musée du Louvre, 1973.
Ivan Konstantinovich Aïvazovski, Constantinople, la Mosquée Top-Kahné, 1884, huile sur toile, dépôt du Musée du Louvre, 1973.


Ivan Konstantinovich Aïvazovski (Théodosie, 1817 – Théodosie, 1900)

Constantinople, la Mosquée Top-Kahné

1884

Huile sur toile

Dépôt du Musée du Louvre, 1973

 

La mosquée de Top-Kahné, construite en 1826, est l'un des chefs-d'œuvre de la célèbre famille d'architectes Balyan. Son style architectural est caractéristique de l'Empire Ottoman. L’attrait du 19e siècle pour l’Orient, et notamment la Turquie, son luxe et ses mystères, se retrouve pleinement dans ce tableau. Le peintre donne ici une vision romantique d’un paysage recouvert de brume, d’où semble surgir l’édifice à l’architecture somptueuse. La mosquée blanche, principal sujet du tableau, est subtilement éclairée par le crépuscule : elle rayonne sur le port comme un phare qui accueille les navires. Transcription poétique d’une réalité fantasmée par le peintre, le paysage reflète la magie de l’apparition de la ville, si bien décrite par l’écrivain et officier de marine Pierre Loti (1850-1923). Cette œuvre est à inclure dans un vaste projet du peintre : représenter les édifices de bord de mer.

Né en Crimée et d’origine arménienne, Aïvazovski se forme à l’Académie des Arts de Saint-Pétersbourg puis obtient le titre de peintre de la marine russe. Grand voyageur, il parcourt l’Europe et découvre Constantinople en 1845. Cette toile témoigne tant de sa formation de peintre de marines – il a notamment copié les tableaux de Joseph Vernet (1714-1789) au musée de l’Ermitage – que de l’influence exercée sur son œuvre par les tableaux de William Turner (1775-1851).