L'oeuvre du mois

Marcelle Loubchansky (1917-1988), Moby-Dick, 1956, huile sur toile

Marcelle Loubchansky (1917-1988), Moby-Dick, 1956, huile sur toile, collection musée des beaux-arts de Brest.

Suggérant la fluidité d’un travail à l’encre, cette peinture donne à la matière picturale, fortement diluée à l’aide de térébenthine, un aspect translucide. Dans une matière plus dense et décentrée par rapport à l'espace de la toile, la forme principale évoque un animal marin. L’évocation d’une atmosphère marine est rappelée par le titre de l’œuvre, inspirée du roman éponyme d’Herman Melville (1818-1891). Publié en 1851, ce roman initiatique a marqué le critique d'art brestois Charles Estienne (1908-1966), qui se voyait avant tout comme un homme de mer.

L’œuvre a d’ailleurs appartenu au critique d’art, qui écrivait à propos de l’artiste : « […] rien n’est classique dans la peinture de Marcelle Loubchansky [… ]. Toute intention, toute volonté d’imitation exclues, voici un art qui justifie à sa manière, et comme nul autre, l’apologue zen : "Un piment – mettez-lui des ailes – une libellule rouge."

Et piment ou pigment, comment se plaindre que le rouge, lui aussi, se serve de ses ailes ? » (préface de l’exposition Marcelle Loubchansky, Galerie Craven, 1954).

Proches des surréalistes, Marcelle Loubchansky est repérée par André Breton et Charles Estienne, grâce auxquels elle expose À l’Étoile scellée. Classée parmi les tachistes, puis les nuagistes, l’artiste fonde sa peinture sur la sensation, en portant une attention particulière à la couleur et à la matière.


En collaboration avec le festival Longueur d'ondes, l'oeuvre a fait l'objet d'une création sonore, diffusée dans le cadre du parcours sonore ExposiSON, du 28 janvier au 22 mars 2015.