L'oeuvre du mois

Giuseppe Barnaba Solieri (1710-1796), Le Festin de Balthazar, huile sur toile

L’histoire de la peinture ne manque pas de représentations de festins et de banquets fastueux. Le plus célèbre reste sans doute celui des noces de Cana, peintes par Véronèse en 1563.

 

Un autre festin, donné par le roi Balthazar dans son palais de Babylone a également inspiré les peintres. Le sujet est tiré de l’Ancien Testament (Livre de Daniel) : à l’occasion d’un banquet, le roi (au centre, dans le tableau) ordonne qu’on utilise les vases d’or volés au Temple de Salomon par son prédécesseur le roi Nabuchodonosor. Une inscription apparaît alors sur un mur du palais (ici, au-dessus du chandelier à sept branches), désignée par une main divine : « Mane » (compté), « Thékel » (pesé),

« Pharès » (divisé). Au premier plan, le prophète Daniel en donne l’interprétation : les jours du roi sont comptés, son âme pesée ayant été trouvée légère, son royaume sera divisé.

 

L’œuvre conservée au musée est une esquisse préparatoire pour le rideau de scène d’un théâtre vénitien détruit en 1796. La discrète mise au carreau qui apparaît sur le fond bleu préfigure l’agrandissement de cette toile, destinée à présenter la composition au commanditaire, avant qu’elle ne soit réalisée à plus grande échelle.

Sa récente restauration dans les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de France à Versailles a permis de révéler l’existence d’un dessin sous-jacent, grâce à la photographie par infrarouge. Une architecture ample, constituée d’un portique à arcades, d’une tribune et d’une surélévation de façades courbes, avait été tracée par Solieri à l’arrière-plan. Elle a ensuite été recouverte par le peintre d’un ciel, peut-être à la demande du commanditaire.