L'oeuvre du mois

Niki de Saint Phalle (1930-2002), Nana rouge, lithographie non datée, collection artothèque du musée des beaux-arts de Brest

Niki de Saint Phalle, Nana rouge, lithographie non datée, collection artothèque du musée des beaux-arts de Brest. © ADAGP, Paris, 2014.
© ADAGP, Paris, 2014

Née à Neuilly-sur-Seine le 29 octobre 1930, Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle, connue sous le nom de Niki de Saint-Phalle, est issue d’une famille franco-américaine installée dans les quartiers chics de Manhattan. La création artistique sera pour cette jeune femme, qui commence à peindre en 1952, le moyen de se libérer d’une éducation conformiste. En effet, son art sera d’abord un exutoire à la violence subie durant son enfance. Dès 1960, elle fréquente le groupe des Nouveaux Réalistes puis devient une figure incontournable de la scène artistique internationale.

Ses œuvres sont peuplées de figures féminines, héroïques et indépendantes. Les Nanas constituent la série la plus célèbre de l’artiste : sculptures rondes, exubérantes, colorées, qui n’en sont pas moins des témoins du regard critique que porte l’artiste sur la place de la femme dans la société. Ses Nanas sont souvent assimilées à des femmes déesses, fortes, immenses, mais aussi à des femmes libérées puisqu’à l’encontre des stéréotypes de son époque. Si le terme « nana » désigne en argot une jeune fille libre et joyeuse, les Nanas de Niki de Saint-Phalle symbolisent aussi la figure de mère, le ventre de la femme et la terre nourricière. C’est d’ailleurs suite à la grossesse d’une de ses amies qu’elle aurait eu l’idée de ces modèles, dans le courant des années 1960.