L'oeuvre du mois

Attribué à Francesco de Rosa dit Pacecco de Rosa (Naples, 1580 ou 1600 - Naples, 1654 ou 1656), L'Immaculée Conception, huile sur toile

Attribué à Francesco de Rosa dit Pacecco de Rosa, L'Immaculée Conception, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Brest.
Attribué à Francesco de Rosa dit Pacecco de Rosa, L'Immaculée Conception, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Brest.

Le thème de l’Immaculée Conception est très présent dans l’art baroque et en particulier au sein des couvents féminins. Ce dogme catholique selon lequel la Vierge aurait été préservée du péché originel fut réaffirmé lors du Concile de Trente (1545-1563). Dès lors, il adopte une forme artistique codifiée : la Vierge doit apparaître sur un croissant de lune, drapée dans un manteau flottant dans le ciel et entourée d’une multitude d’angelots.

 

L’amour et sa pureté sont symbolisés respectivement par les roses et les lys tandis que le miroir reflète sa vertu. Le profond bleu lapis-lazuli utilisé pour le manteau de la Vierge est au XVIIe siècle une couleur onéreuse et très recherchée. Ce pigment rare, extrait de la roche du même nom, était appliqué en surface sur un fond bleu réalisé avec des pigments moins coûteux comme l’indigo ou l’azurite. Il était réservé traditionnellement aux images sacrées et symbolisait également la noblesse d’âme. Le jaune, ardent, est typique de la peinture espagnole, tout comme l’auréole à douze étoiles. D’ailleurs, ce tableau d’autel fut longtemps considéré comme une œuvre espagnole. Cela s’explique par le fait que le royaume de Naples, tout comme la région de Milan, fut sous domination espagnole au XVIIe siècle.

 

Enfin, le paysage a sans doute été peint d’une autre main. Cette pratique était courante au XVIIe siècle en raison de la spécialisation de certains peintres dans un genre défini (paysage, portrait, nature morte…). Dans ce cas, il est probable que Domenico Gargiulo dit Micco Spadaro (1609 ou 1610 - vers 1675) l’ait réalisé. Ce peintre napolitain était notamment reconnu pour ses paysages.

 

L’œuvre vient d’être restaurée à Versailles, dans les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de France, redonnant ainsi toute sa splendeur au bleu lapis-lazuli.